Mon Powerbook 190cs

materiel

Wow ! Un ordinateur portable plus vieux que moi et qui fonctionne encore bien :) Le Powerbook 190cs est sorti en 1995 pour 2 200 $, c’est le dernier Macintosh à utiliser la mythique plate-forme Motorola 68k.

Caractéristiques

Il comporte un disque dur de 500 Mo. Le mien possède en plus des 8 Mb de RAM une extension de 16 Mb, ce qui est énorme pour une machine pareille, avec son CPU à 33 Mhz. Il fonctionne sur Mac OS 7.5.3 mais est capable de supporter jusqu’au 8.1 inclus.

L’écran affiche en 640x480, il est à matrice passive, c’est à dire que chaque mouvement à l’écran se traduit par une longue trace.

Pour l’époque l’autonomie n’était pas mauvaise, entre 3 et 5h. Plus de vingt ans après, la batterie NiMH ne fonctionne pas et coule, le spectacle est triste et toxique.

Utilisation

Les charnières tiennent bien, mais sont un peu fatiguées, j’évite donc de l’ouvrir et de le fermer souvent, de peur de le casser. Le haut parleur interne fonctionne, ainsi que le microphone. L’écran aussi, bien qu’il affiche des échos sous forme de ligne et colonne. Le bouton de touchpad est légèrement en pente à cause d’un clip en plastique cassé.

Le clavier est très confortable et n’a rien à envier à certains claviers horribles qu’on trouve sur des machines récentes (le clavier de mon ancien Toshiba par exemple). Évidemment c’est un clavier Apple, avec la ponctuation dans un endroit différent.

Le système démarre bien, ce qui confirme le bon état apparent du disque dur, qui ne fait pas de bruit suspect. C’est spécial le système 7, ça fonctionne en multitâches coopératif, c’est d’une ergonomie moyenne (moins bonne que Windows 95) mais c’est franchement plutôt rapide et assez agréable à utiliser. L’écran passif est toutefois spécial à appréhender, la rémanence est terrible, ce qui rend des jeux rapides injouables (il y a un shoot’em up spatial en scrolling horizontal).

Mais comment transférer des données ? Le lecteur de disquettes ne fonctionne plus, et je n’ai pas pu le démonter faute de clé de la bonne taille… Parce que non, ils n’utilisent pas des vis normales, déjà à l’époque Apple trouvait les trucs pour nous gonfler. L’appareil était proposé avec en option un port Infrarouge qui pouvait notamment réaliser des transferts de données IRTalk à 230 kbps, mais le mien est dépourvu de cette option, ce qui exclut tout bricolage de ce côté-là. Il reste la liaison série ADB et le bon vieux AppleTalk.

Le touchpad par contre est fatigué, au bout d’une minute il fonctionne aléatoirement. Le truc troublant, c’est qu’un autre PC récent posé à côté sur la table a un souci similaire de touchpad quand il est branché sur le secteur. Un problème de réseau électrique ?

La pile de la carte mère est morte aussi, c’est elle qui retient les réglages date/heure… mais aussi les réglages de luminosité/contraste de l’écran ainsi que la vitesse du pointeur. À chaque démarrage je suis donc contraint de faire glisser longuement ma souris sur la table pour trouver dans le menu Pomme la fenêtre de réglages du pointeur et rétablir une accélération correcte pour ma vieille souris ADB.

Démontage

J’ai évidemment voulu démonter l’appareil, déjà pour le nettoyer, mais aussi pour voir comment il était conçu et pour éventuellement régler mes soucis de touchpad et de lignes à l’écran (je pensais à des soucis de faisceau). Le démontage passe par le dévissage de vis Torx. Je n’avais bien-sûr pas de tournevis compatible, j’ai du bricoler avec des plats, ce qui engage à être prudent pour ne pas arrondir l’étoile et empêcher un dévissage futur.

La batterie et le lecteur de disquettes, situés sous les repose-mains, s’enlèvent ensuite en glissant. Il faut après démonter le clavier pour avoir accès à la nappe inférieure, puis au panneau repose-mains + touchpad. Finalement, c’est bien plus simple que les machines qu’ils allaient fabriquer après (iBook Palourde, mais quelle horreur !).

Bloc touchpad démonté et retourné.

Connexion et arrière du clavier.

Charnière gauche et cable de l’écran LCD.

Conclusion

C’est une belle machine, bien conçue et extensible via son slot pour de la RAM supplémentaire et son bus PC Card. Stylistiquement, on est dans la mouvance « courbes / gris foncé », qui succède au mythique Snow White design language et précède la vague « arrondis / fluo » de Jonathan Ive, avec les iBook Palourde très chiants à démonter, et les iMac G3.

Je regrette de ne pas encore avoir pu réparer ce lecteur de disquettes (bruit atroce et disquettes non reconnues, il me demande si je veux les initialiser).